Difficile aujourd’hui de trouver des médecins spécialistes qui pratiquent les tarifs de la sécurité sociale. De plus en plus de professionnels exercent en secteur 2 afin de pouvoir fixer librement leurs tarifs. L’Assurance maladie tire la sonnette d’alarme et réclame des changements.
41% des spécialistes pratiquent des dépassements d’honoraires
Vous l’avez sans doute remarqué mais prendre rendez-vous chez un spécialiste qui pratique les tarifs de la sécurité sociale devient de plus en plus compliqué. Chirurgiens, gynécologues, pédiatres… de plus en plus de professionnels exercent en secteur 2, secteur dans lequel ils sont libres de fixer leurs tarifs. Selon une étude publiée le 17 mai par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) : 41% des spécialistes pratiquent des dépassements d’honoraires en 2010, contre seulement 11% pour les médecins généralistes. On remarque tout de même des disparités entre chaque spécialité : 85% des chirurgiens pratiquent les dépassements d’honoraires alors que les pédiatres ne sont que 32%.
L’appel au changement
La situation ne semble pas partie pour s’arranger. Les jeunes étudiants sont de plus en plus encouragés à effectuer les deux années d’études supplémentaires qui leur permettront de devenir spécialiste et de pratiquer des rémunérations plus élevées. En 2010, plus de 6 nouveaux médecins sur 10 se sont installés en secteur 2. Il y a 20 ans, les dépassements d’honoraires n’allaient pas au-delà de 25% du tarif de la Sécurité sociale ; aujourd’hui, ils atteignent 54% ! Frédérik Van Roekeghem, directeur général de la Cnam a souhaité « tirer la sonnette d’alarme» et lancer des réformes visant à ramener à 30% le taux des consultations pratiquées au tarif de la Sécurité sociale. Des négociations avec les médecins devraient être menées avant l’été.



