Alors que de nombreux restaurateurs utilisent des surgelés pour préparer leur plat, un amendement a été voté pour les obliger à indiquer par un astérisque les plats élaborés avec des produits frais. Le point sur la situation actuelle…
Objectifs de la mesure
L’amendement obligeant les restaurateurs à indiquer la présence de produits frais dans leurs plats a été voté dans le cadre de l’examen du projet de loi renforçant les droits, la protection et l’information des consommateurs. Contrairement aux plats élaborés avec des produits surgelés, ceux élaborés à partir de produits frais feront mention d’un astérisque sur la carte des restaurateurs. Le but étant, selon Fernand Siré, député UMP des Pyrénées-Orientales, de protéger « la santé des consommateurs » et la « qualité de la restauration » des tables françaises. D’après lui « trop de brasseries et de restaurants proposent aujourd’hui du tout-fait sans que l’on en soit informé ».
Différentes réactions entendues
Pascale Hébel, spécialiste de la consommation et directrice du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), pense que cette décision présente de vrais risques pour les restaurateurs. Selon elle, « les Français, et surtout les personnes âgées, sont très attachés aux frais, et seule une minorité a conscience de la place du surgelé dans leurs assiettes ». Selon Roland Héguy, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), cela peut très vite porter préjudice à la restauration puisque « sur les 120 000 points de vente de restauration en France, 20 000 travaillent vraiment avec des produits frais ». Ce dernier ne s’en fait pas trop pour les restaurateurs puisque « malheureusement, lâche-t-il, les gens savent qu’ils consomment des surgelés au restaurant ». Le réel problème pour lui, « c’est qu’il n’y a pas de différenciation entre les professionnels qui utilisent des produits industriels, et ceux qui mijotent leurs plats avec des produits frais, mais qui les congèlent parfois pour éviter de gaspiller ».



